ORCHESTRE DE PITRES

Posté par provola le 15 novembre 2009

Plus on approche de la représentation de Copenhague sur le réchauffement climatique, plus les négociations prennent une tournure de totale improvisation sur fond de motivations électorales. Chaque pays y va de sa partition tronquée, chaque mesure est une fausse note.

Les contrebasses de l’oncle Sam s’entendent comme larrons en foire avec les trombones chinois, le soliste Sarko, sentant le vent du boulet des sondages s’ amourache de la timbale brésilienne pour sonner je ne sais quel rappel à la prudence, à l’adagio climatique. Les cithares indiennes continuent d’attendre la fin du concerto occidental traduit en méthodes Coué. Les tambours Africains ne cessent de clamer l’ innocence des exclus , de jouer le requiem des coeurs sur fond de lancinantes sonorités, les trompettes arabes sont des scherzi étrangement étouffés, leurs instruments sont des guitares électriques accordées sur des dissonances religieuses.

Ou le son du canon est un environnement sonore.

Le tout forme une mixture de vibrations faussement mélodiques qu’on ne saurait appeler musique, notre sournoise intuition est d’assister à une classique tartufferie.  

Comment peut-on ne pas avoir la sensation nauséabonde que cette cacophonie est censée représenter une tentative de camouflage d’ intentions malhonnêtes ?

 Tous les acteurs en place ne sont que les héritiers d’un système de gabegie généralisée des ressources naturelles, les soldats d’une guerre des tranchées du gaspillage.

Le but est parait-il d’empêcher à l’horizon 2050 , la planète de bouillir, mais ils mesurent l’existence à l’aune de la bourse des valeurs pour qui la seconde est un investissement et la minute une spéculation.

Ou le soulèvement des consciences est un ouragan.

Ils sont les chantres de l’enrichissement individuel, qui n’a pas de limites alors que la survie de notre humanité passe par une juste redistribution des ressources. Ils sont pour une planète de propriétaires qui ne souhaitent que  continuer à amasser des richesses, c’est bien là le but ultime du libéralisme, ils sont coupables de l’accaparement par quelques uns, du bien commun.  La planète ne suffit pas à nourrir ses locataires, mais certains ont déjà suffisemment pour assurer une vie tranquille de farniente à plusieurs générations de descendants. En fait la terre du futur est déjà potentiellement plus inégalitaire que l’actuelle.

Ou l’insurrection est inévitable.

D’un coté ils se réunissent pour relancer l’économie et trouver des relais de croissance, les lobbies du pétrole n’attendent que le feu vert de la fin de la crise pour creuser plus profondément, pour  résoudre le problème de la transformation des sables bitumineux, de l’autre ils se retrouvent au chevet du climat avec un air contrit.

Ou la prise de la baguette du chef d’orchestre est obligatoire. 

La Chine monte une éolienne toutes les deux heures mais elle construit une centrale à charbon tous les mois, son vrai objectif est d’être l’usine du monde, le Brésil fait rouler 100millions de véhicules aux bio-carburants qui ont réduit l’Amazonie en peau de chagrin, la France donne des leçons avec ses centrales nucléaires dont elle expédie les scories au fin fond de la Sibérie, l’Allemagne transforme le pétrole Arabe en produits manufacturés réexpédiés dans le monde entier, les USA polluent par tête de pipe 25 fois plus que la moyenne des pays mais n’entendent pas baisser le rythme du libre-échangisme.  

Ou la révolution musicale est nécessaire.

Ils sont les convives des diners à 5000 euros, responsables du milliard d’individus affamés, ils sont les messagers, les bras armés des quelques familles qui au bout du compte tiennent l’économie mondiale, des marionnettes maquillées en représentants du peuple, des marchands de sable…bitumineux.   

Ou la révolte devient la seule issue.

Ils sont responsables du grand sabordage va-t-on leur laisser s’occuper du sabotage final ?

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