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LA CROISSANCE DE QUOI ?

Posté par provola le 24 janvier 2009

Religion économique, évidence indéboulonable, la croissance est à la logique des marchés ce que la truffe est à l’art culinaire. Ce que l’on entend par croissance est déjà plus nébuleux, comme si les cercles  économiques refusaient de mettre en lumière la vacuité des méthodes de calcul. Par croissance , on entend généralement une augmentation de la richesse, du moins est-ce ce que l’on a envie de croire . Et là , l’ objectivité voudrait qu’on cantonne ce terme de croissance en un plus discret « croyance » en l’augmentation de richesses . Ce n’est déjà plus la même affaire . Comment donc décortiquer ce qui dépend réellement de la croissance de ce qui n’est en réalité qu’une forme d’obédience ou de  confort intellectuel.

La croissance se traduit généralement sur les courbes du produit intérieur brut ,ou de la valeur de la somme des biens et services ayant un coût , et donc une valeur monétaire. Tout ce que l’homme produit en transformant la matière brute, énergies non renouvelables ou énergies renouvelables, en biens matériels , mais également tout ce que l’homme réalise dans le but d’améliorer la condition de son prochain sans qu’il s’agisse pour autant d’utiliser une matière quelconque, entre dans le calcul du PIB et donc de la croissance. Dans un cas , il s’agit du process industriel ou de l’activité agricole, dans l’autre cas on évoque tous les services, enseignement, soins, qui participent de la création de richesses.

Il parait si simple de mettre sur le même plateau de la balance toutes les créations de richesses comme si elles étaient toutes des atouts de l’augmentation du bonheur.

L’augmentation du nombre des fumeurs ne peut que pousser le chiffre d’affaire des cigarettiers mondiaux, ce mouvement permet au cancer du poumon de participer aux festivités car l’augmentation du budget des soins est calculée dans l’augmentation du PIB et donc dans le calcul de la croissance. On peut également évoquer l’accroissement du tour de taille de nos jeunes générations qui permet à l’industrie pharmaceutique de déployer une stratégie anti-obésité pour les futures générations , ce qui bénéficie aux perspectives de gains et donc à la valeur en bourse et donc à la croissance.

On commence à se rendre compte que la croissance est déjà moins sympathique que ce que l’on croyait. Les zones d’ombre ne s’arrêtent pas là . Le raisonnement économique veut que l’on calcule le PIB sur les seuls biens ou services sur lesquels nous pouvons mettre une valeur. Nous transformons des matières premières en biens matériels sans pour autant prendre en compte le fait que ces matières premières sont épuisables , le coût dépend bien entendu du fait des difficultés toujours plus importantes à  l’extraction de gisements profonds . Ainsi plus les gisements sont profonds et plus la difficulté augmente à l’exploitation, plus le pétrole coute cher , plus le coût de l’exploitation augmente ,plus le PIB augmente , plus la croissance augmente et moins le pétrole existe . En d’autres termes moins le pétrole existe, moins cette disparition apparaît sur les courbes de la croissance.

Cette contradiction se retrouve à chaque niveau de la création de richesse . L’épuisement des énergies renouvelables comme la fertilité des sols agricoles n’est également pas prise en compte ou plutôt , cet épuisement qui oblige à l’emploi toujours plus massif de fertilisants pour des rendements toujours plus faibles , tout ce processus industriel participe au bout du compte à la croissance. En gros, moins les sols peuvent produire des quantités suffisantes de denrées alimentaires , plus la croissance augmente.

Allons y gaîment:

Moins les océans sont riches en bans de poissons, plus le chiffre d’affaire des chalutiers augmente par une course aux armements de l’industrie de la pêche. Moins il y a de poissons, plus la croissance augmente.

Plus les hommes mangent de hamburgers , plus les cheptels dégagent de méthane et piétinent les terres des pâturages ,celles ci devenant parfaitement stériles. Les feux de forêts détruisent des milliers d’hectares de source d’oxygène mais donnent du travail aux fabricants de canadairs . L’industrie de l’armement augmente son budget mondial d’années en années pour une utilité qu’on voudrait nulle. La publicité n’existe que pour donner aux biens et services une valeur fictive supérieure à la valeur qu’elles auraient par les simples lois du marché. Le tout est inutile mais participe de la création de richesses et donc à la croissance. Plus généralement tous les processus de transformations industrielles produisent des gaz à effet de serre , en plus du fait que cela fout en l’air la planète, nos chères élites en ont fait une création de richesse en considérant que chaque tonne de CO2 produite vaut tant et donc participe à la création de richesse et donc à la croissance.

Une terre en piteux état vaut beaucoup plus qu’une terre saine et produit plus de croissance , des malades valent bien plus que des bien-portants et produisent plus de croissance, plus la maladie est importante , mieux la croissance se porte, la croissance est une chimère qui nous mène droit vers où vous savez.          

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