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LA REVOLUTION AVORTEE DE TIAN’ANMEN

Posté par provola le 23 janvier 2009

Au moment où le pouvoir de Cuba célèbre le cinquantième anniversaire de la révolution de 59 , les anciens étudiants dissidents de la place Tien’Anmen ont ils le secret espoir de remettre ça , vingt ans après la tentative de protestation avortée ? Ceux qui le peuvent se retourneront et auront le bonheur de percevoir le cri du coeur de toute une planète, un merci posthume . Ils furent les rois des révolutionnaires, les dignes héritiers des héros de l’histoire des protestations. Du 15 avril au 4 juin 1989 se joua sur le pré carré de la place Pékinoise une certaine idée de l’avenir de l’humanité, en tous cas du 1/5ème de celle-ci. La tournure des évènements des vingt années qui suivirent n’aura bien entendu pas manqué de les plonger dans des abysses de perplexité. Non seulement la communauté internationale n’aura pas su ramener le péril jaune au plus près du concert démocratique , mais l’économie mondiale piétinant les  principes fondamentaux des libertés individuelles a fait de l’empire du milieu le lieu du pire.

Régime surpuissant , corrompu , concentration des pouvoirs , utilisation maniacale du renseignement , loi de la peur , les ingrédients du succès ne pouvaient permettre à eux seuls une régénérescence perpétuelle du bras armé sans l’intronisation du Dieu Argent . Au lieu de nier la propension naturelle d’un peuple au sortir de siècles de misère à l’accumulation de biens matériels , les dignitaires du Parti ont compris le parti qu’ils pouvaient tirer de la fascination de l’éphémère abondance. Contrairement à leur client et débiteur américain , les communistes chinois , reprenant à leur compte le raisonnement du philosophe anglais du 17ème siècle Thomas Hobbes (l’homme est un loup pour l’homme) , tentent de préserver les chances d’enrichissement personnel de leurs concitoyens en réduisant au maximum les possibilités de conflits ou de révoltes . Tant que les libertés individuelles ( qui  portent les hommes à s’entre-déchirer)sont anéanties, les hommes peuvent s’adonner naturellement et sans limites à leurs activités lucratives, et vivre dans l’unique but  de la création de richesses,  à terme ce processus ne peut que profiter au plus grand nombre même si cela contribue au photo-copiage comportemental. Le but ultime est pour le régime de durer et de gagner la planète au principe du bosser pour s’enrichir.      

Notre nouvel Ami  à la bible de Lincoln n’aura pas mis bien longtemps à chatouiller l’amour propre de son banquier chinois en fustigeant la politique de dévaluation voilée du yuan, ceci faisant profiter la grande économie communiste d’un avantage injuste comme si l’économie était une marelle en culotte courte. Cet avertissement est une taquinerie entre partenaires. On a bien compris que les intérêts financiers du 21 ème siècle se jouent sur un axe New York- Pékin et que le couple métis, économie libérale d’un coté, communisme capitaliste de l’autre permet la constitution d’un duopole dominant, sachant interpréter toutes les gammes de la création de richesses.

Les États Unis ont fait de la Chine leur usine et leur banque, celles-ci  plaçant en l’oncle Sam le capital de confiance dont les marchés ont besoin pour étalonner leur valeur. Les deux régimes en apparence totalement contradictoires sont en fait complémentaires en participant d’une même logique de domination du monde par l’utilisation scientifique des avidités individuelles. Les Américains se représentent un paradis des libertés terrestres à l’aune des mansuétudes divines , le marché étant un don du ciel se régulant de lui-même, les libertés individuelles sont le moteur du marché, la condition du succès ,qui est une accumulation de biens matériels. les Chinois,eux, étouffent les libertés pour laisser libre cours à la cupidité , c’est parcequ’ils ne peuvent penser à autre-chose qu’à leur propre enrichissement  qu’ils sont les premiers à croire au rêve américain . Chausser les Nike qu’ils fabriquent est  déjà une façon de participer à la foire du possédant.  

Le rêve des chrétiens d’Obama , est la préservation des libertés individuelles par l’accumulation de richesses , le but des mécréants Chinois est de trouver la liberté dans la déification de l’accumulation de richesses , la similitude des diagnostics politiques débarassés de leur étiquette sémantique frôle la filiation . 

On est bien loin des idéaux de liberté de Tian’Anmen , cette liberté intrinsèque , se situant hors les règles de la création de valeur matérielle , cette liberté qui n’a pas de prix.

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