• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 21 janvier 2009

PROFIL BARACK

Posté par provola le 21 janvier 2009

On n’est plus les plus forts , on n’est plus les plus beaux, on n’est plus les plus riches, on n’est plus les plus intelligents, on n’est plus le peuple que Dieu veut sauver à tout prix. On n’est plus l’Amérique, juste un pays qui rêve de le devenir à nouveau. Cette phrase qu’Obama n’a pas prononcée, qu’il ne pouvait pas prononcer, tout le monde l’a entendue sans l’avoir réellement entendue. Bien évidemment , ce pays de toutes les réussites, de tous les excès , ce phare de l’humanité, comme une réminiscence du monolithe de 2001 odyssée de l’espace , ce royaume  béni et à l’image de Dieu , en quelques années de descente aux enfers a perdu de sa superbe et l’aura planétaire dont il jouissait ,peut-être de manière tout à fait usurpée, mais on ne juge pas un rêve. Tant que l’attrait du système pays permettait de faire affluer les devises du monde entier vers les chimères du jeu de hasard , la croissance était assurée et le dollar pouvait garder son pouvoir d’attraction et les autres planètes graviter sur l’orbite des marchés.

A plus petite échelle , on peut comparer ce phénomène avec l’effet de gravitation exercé par les micro-refuges à capitaux que sont les paradis fiscaux tels que Monaco ou des pompes à trafics que sont les parcs à riches tels que Dubail . Plus l’attractivité augmente avec l’afflux de capitaux en mal de sécurisation ou de blanchiment ,plus les prix augmentent comme le poids d’un immense piège à matière sonnante et trébuchante et donc plus l’attractivité augmente jusqu’à ce que la matière environnante ne soit plus suffisante pour gonfler plus avant la bulle spéculative . Lorsque le point de rupture est atteint et que les premiers à avoir misé ont compris qu’il était temps d’arrêter de jouer, le marché s’effondre.

Ce qui se passe à Dubail aujourd’hui , à échelle réduite se produit à l’échelle de la planète car les Etats-Unis sont le noyau de cet immense piège à matière, à richesses. On peut se réjouir que ce genre de cataclysme déboulonne la statue aux cinquante étoiles, mais il faut bien admettre que dans un système de jungle universelle le manque de point de repère , d’aimant absolu , de maître étalon provoque comme une anarchie des valeurs , électrons libres sans palier .

Aucune autre nation ne peut actuellement reprendre ce rôle de stabilisateur des peurs qui concentre le pouvoir d’apaiser les angoisses des grands argentiers de la planète . Si l’occasion n’est pas prise au vol de clamer que la nation Obamaniaque n’est plus le centre du monde, l’on est au moins partis pour un nouveau tour de passe-passe autour de la fée Amérique à se pâmer comme des enfants aux yeux écarquillés devant le château de la belle au bois dormant dans notre Disney-land financier. Et la relance se traduira par une période de fastes ou l’illusion finira cette fois par s’effondrer sur la faille béante de l’épuisement des ressources mondiales.

Cette fois il n’est plus question de rigoler , de laisser les clés du jouet aux seules mains peut-être tremblantes et volontaires du bon Obama , mais aussi inexpertes dans l’art de diriger  l’orchestre planétaire. La partition n’est plus l’apanage du compositeur emblématique et l’acoustique dépend de murs tremblants.

D’un coté la vieille recette qui serait de redonner un rêve universel aux humains permettrait de revitaliser l’économie en lui insufflant l’énergie des candidats au mirage de la création de richesses , chaque heure de travail effectué en un lieu quelconque du globe , chaque objet fabriqué du nord au sud pouvant être évalué à l’aune de l’échelle de valorisation agrée à Wall Street. Comme d’habitude , si Wall Street s’effondre tout s’effondre ,de la même manière si Wall Street prend de la valeur ,c’est toute l’économie mondiale qui prend de la valeur. Piège à cons de l’époque moderne , absurdité du marché, échelle de valeurs en toque juste là pour atteindre un plafond de gaz à effets de serre.

D’un autre coté un autre monde , oui, celui qui regroupe toutes les valeurs qui ne sont pas celles de la cupidité décriée dans le discours d’investiture du nouveau président américain . L’autre monde dont celui qui vient nous gave déjà, bien que l’on se doute sans beaucoup de chances de se tromper que le locataire de la Maison Blanche penchera plutôt pour les lunes faciles de la captation des mirages en or, pour les pots d’échappement aux filtres stériles , pour les vases à expansion des jouissances terrestres , pour l’éphémère réjouissance capitaliste. Obama est un pûr mais dans sa pureté il devra être combattu dans ses certitudes sur la structure des marchés et de la grandeur des Etats-Unis. Croire en Dieu permet d’avoir moins peur de l’avenir , ça permet de croire dans les marchés de la même manière et de ne pas douter de la justice libérale. Les croisades n’avaient pas d’autre but que d’accumuler des richesses en épuisant les ressources des convertis , il suffisait de se convaincre qu’il s’agissait de l’accomplissement du message divin plutôt qu’un complot de terroristes. 

Obama a l’air sincère dans son empathie pour les pays du Tiers monde mais il est à la tête d’une arme de destruction massive et les anges sont des démons d’arrogance . Faisons crédit à Obama, c’est à dire confiance , il n’est pour l’heure aucune alternative: l’Europe est morte avant d’être née, le Brésil et l’Inde ne sont pas encore adolescents et se contemplent dans la liste d’attente des sms du néant.   La Russie et la Chine se voient dans le revers de la médaille qui brille.

Si rien d’autre n’existe donc , que la confiance, serrons la main ,d’une main ferme , de celui qui nous mènera quoiqu’il en soit plus près du destin de nos enfants.

    

    

Publié dans MONDE | Pas de Commentaire »

 

Commission du Développement... |
MoDem Mulhouse |
L'Atelier Radical |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Saisir le Présent, Construi...
| Parti Ouvrier Indépendant :...
| Vivre Villerupt Autrement