LES AMOUREUX DE LA NATURE

Posté par provola le 3 janvier 2009

Ils entassent les routes de leur vaisselle rutilante, ils affolent les gares de valises plus grandes que des semi-remorques, leur parure est un défilé de mode du style barbe à papa, ils se plaignent des gueux qui freinent leur avancée royale vers les cimes de consommation.

A 45 € le forfait , 1500 € la location du studio, autant pour les babioles inutiles , ils viennent des beaux quartiers des villes pour profiter des banlieues de montagne. Shopping, queues aux remonte-pentes, parpaings aux pieds , drague à 2 sous , frime clinquante, lunettes de soudure, pizza de minuit et surtout le bronzage, du style mue de serpent des sables , la disgrâce du royaume des neiges s’est abattue sur le peuple exilé qui constitue l’élite du purgatoire de l’humanité.

Si l’air pûr est la seule récompense gratuite, la farce de la supposée harmonie avec la nature des sports du froid devrait être taxée à l’égal des dégradations portées aux sites occupés. Des langues de pistes , rides de ratures, chemins de croix pour des larmes frelatées , l’émotion déclenchée par des mondes in-contaminés est un souvenir pour les anciens, un discours pour les plus jeunes. Les pylônes et les pylônes de pylônes se frayent un passage à travers un visage balafré de pièges à touristes, les remontées remontent du sac à viande vers un rideau de fumée ressemblant à une mer de nuages.   

Les skis viennent de Chine , les surfs viennent de Chine , les combinaisons viennent de Chine , les lunettes viennent de Chine , les mafieux Chinois vont dans les résidences classieuses de Megève et ne se mélangent pas avec la populace qui ne peut plus se payer que les Deux-Alpes ou Courchevel. Chaque hiver , les masses de glisseurs partent en représentation le temps de se sentir différents du commun des mortels des restants mais leur combat est perdu d’avance car les canons à neige pompent dans le vide sidéral des glaciers au bout du rouleau. 

Ce commerce d’hiver est souillé à la base par l’inconsistance des sentiments , la perte des valeurs , le manque d’amour , l’irrespect envers les hautes  silhouettes de l’éternité ; faute de savoir encore décrypter le message des dieux perchés, gageons qu’une exégèse salvatrice saura rendre une vraie vie au cirque blanc.      

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